La déclaration de naissance
La naissance de tout enfant doit faire l'objet d'une déclaration
C'est le père qui doit l'effectuer ou à défaut de père,
"les docteurs en médecine ou en chirurgie, sages-femmes, officiers
de santé ou autre personne ayant assisté à l'accouchement
" (Art. 56 du Code Civil). En aucun cas, cela ne peut être la mère
ou un organisme autorisé et habilité pour l'adoption.
Dans le cas d'un accouchement secret, la déclaration de naissance est
faite par le personnel hospitalier. Aucune mention ne sera faite sur les registres
d'Etat Civil quant à la mère (ni quant au père si celui-ci
ne se fait pas connaître).
Il n'est plus fait mention dans les actes de l'Etat Civil de "père
et mère inconnus".
Trois prénoms seront attribués à l'enfant, le troisième
faisant office de patronyme jusqu'à une adoption éventuelle.
Le 3ème prénom sera obligatoirement conservé dans l'Etat
Civil de l'enfant après l'adoption.
Ces prénoms seront choisis par la mère ou, si tel n'est pas
son désir, par l'officier d'état civil (art. 57 al.2 du code
civil).
Et après
L'accompagnement et le soutien pourront se poursuivre avec le(s) professionnel(s) que la femme
connaît déjà, ou être mis en place par l'équipe
du lieu d'accouchement. Elle sera informée de toutes les dispositions
légales concernant sa décision : le devenir de l'enfant, ses
droits et ceux du père s'il se manifeste, les modalités de l'adoption.
La femme a le choix de confier l'enfant à l'Aide Sociale à l'Enfance
ou à une association d'adoption agréée par l'Etat avec
qui des contacts peuvent avoir été établis avant l'accouchement
soit par la femme, soit par le professionnel accompagnant, à la demande
de la femme.
La femme devra être informée qu'elle peut donner des renseignements
ne portant pas atteinte au secret et qui permettront à l'enfant d'avoir
connaissance de quelques éléments sur son origine, sur l'histoire
de sa naissance. Elle devra également être informée de
la possibilité de lever à tout moment le secret de son identité.
Ces renseignements seront gardés sous la responsabilité du Président
du Conseil général par l'administration (Aide Sociale à
l'Enfance).
Le représentant légal du mineur, I'enfant majeur ou ses descendants
en ligne directe majeurs s'il est décédé pourront y avoir
accès à leur demande expresse.
Le délai de réflexion
La femme dispose d'un délai de réflexion
de 2 mois après l'accouchement durant lequel elle peut revenir sur
sa décision et reconnaître l'enfant. Le père a les mêmes
droits, dans la mesure où il connaît l'identité sous laquelle
l'enfant a été déclaré. Durant cette période,
I'enfant n'est pas adoptable. Au-delà de ce délai, les dispositions
légales d'adoption se mettent en place.
Ces 2 mois représentent une épreuve difficile pour la femme;
l'accompagnement doit pouvoir se poursuivre.
Il est essentiel d'entendre ses hésitations, ses ambivalences, ses
revirements sans peser sur sa décision.
Chaque cas est une situation singulière, les demandes particulières
sont à prendre en considération dans le respect de la loi et
dans l'intérêt de la femme et de l'enfant.